Mesurer la domination d’un système d’exploitation suppose d’abord de choisir un périmètre. En juin 2019, le classement changeait radicalement selon qu’on observait l’ensemble des appareils connectés, les seuls ordinateurs de bureau ou uniquement les smartphones. Cette distinction, rarement explicitée, modifie la lecture des parts de marché et la signification même du mot « domination ».
Tous appareils, desktop ou mobile : trois classements différents en juin 2019
Les données de fréquentation web, compilées par des outils comme StatCounter, ne produisent pas un classement unique. Elles segmentent l’usage par type de terminal. Le résultat, pour un même mois de juin 2019, donne trois hiérarchies distinctes.
Sur les ordinateurs de bureau, Windows conservait une avance écrasante, porté par Windows 10 et les versions antérieures encore très présentes en entreprise. macOS occupait la deuxième place, loin derrière, suivi par les distributions Linux dont la part restait marginale.
Sur mobile, le tableau s’inversait. Android concentrait la majorité du trafic mondial, reléguant iOS à la deuxième position. Windows, quasi absent des smartphones depuis l’abandon de Windows Phone, ne pesait plus rien dans ce segment.
Le classement des systèmes d’exploitation en 2019 reflète ces écarts selon le périmètre retenu. En combinant tous les appareils, Android passait devant Windows à l’échelle mondiale, simplement parce que le volume de connexions mobiles dépassait celui des connexions desktop.

Parts de marché desktop en juin 2019 : Windows, macOS, Linux
Le segment desktop reste celui où la concentration est la plus forte. Windows y régnait sans partage, toutes versions confondues. Windows 10 avait progressivement absorbé la base installée de Windows 7, même si cette dernière version restait encore utilisée par une part notable du parc, notamment dans les administrations et les PME qui repoussaient la migration.
| Système d’exploitation | Segment desktop (juin 2019) |
|---|---|
| Windows (toutes versions) | Largement majoritaire |
| macOS | Deuxième place, part minoritaire |
| Linux | Part très faible, quelques pour cent |
| Chrome OS | Présence anecdotique hors marché éducatif américain |
macOS progressait lentement mais régulièrement, porté par le renouvellement du parc MacBook dans les métiers créatifs et la tech. Linux, malgré une communauté active, restait cantonné à des usages serveur ou à des profils techniques.
Chrome OS, souvent oublié dans ces classements, n’avait de poids réel que sur le marché scolaire aux États-Unis. En France, sa présence était quasi nulle sur desktop.
Marché mobile mondial : Android face à iOS en juin 2019
Le segment mobile racontait une histoire très différente. Android dominait le trafic mobile mondial avec une avance confortable sur iOS. Plusieurs facteurs expliquent cet écart :
- La diversité des fabricants utilisant Android (Samsung, Huawei, Xiaomi, Oppo et des dizaines d’autres) multipliait les points d’entrée sur le marché, du smartphone à moins de cent euros au flagship haut de gamme.
- iOS restait limité aux seuls iPhone d’Apple, positionnés sur un segment de prix plus élevé, ce qui réduisait mécaniquement sa base d’utilisateurs dans les marchés émergents (Asie, Afrique, Amérique latine).
- Les autres systèmes mobiles avaient disparu ou étaient en voie d’extinction : Windows Phone n’était plus maintenu, Firefox OS avait été abandonné, et Tizen de Samsung ne comptait que sur quelques modèles d’entrée de gamme.
La répartition variait aussi fortement par pays. La répartition par pays reflétait des dynamiques locales liées au pouvoir d’achat et aux habitudes de consommation, iOS bénéficiant d’une base fidèle dans les marchés à revenu élevé.

Pourquoi le périmètre de mesure change la notion de domination des OS
Affirmer qu’un système d’exploitation « dominait » en juin 2019 sans préciser le périmètre revient à comparer des réalités incompatibles. Sur desktop, Windows était hégémonique. Sur mobile, Android l’emportait nettement à l’échelle mondiale. Et sur l’ensemble des appareils, Android prenait la tête grâce au poids croissant du trafic mobile.
Cette bascule vers le mobile n’était pas un phénomène nouveau en 2019, mais elle atteignait un seuil où le poids du trafic mobile pesait de plus en plus sur les classements agrégés. Le classement « tous appareils » reflétait donc davantage l’usage mobile que l’usage desktop.
Ce que cela change pour interpréter les statistiques
Un décideur IT qui lisait « Android est le premier OS mondial » en juin 2019 pouvait en tirer une conclusion erronée pour son parc informatique d’entreprise, composé quasi exclusivement de postes Windows. À l’inverse, un développeur d’application mobile qui se fiait au classement desktop passait à côté de la réalité de ses utilisateurs.
Le choix du périmètre détermine le classement, et aucun des deux leaders (Windows sur desktop, Android sur mobile) n’avait de concurrent sérieux dans son segment en juin 2019. La « domination » était double, chacun régnant sur son territoire.
Les données de cette période montrent aussi que les parts de marché de macOS et iOS restaient stables, sans percée marquante. Apple consolidait sa base existante sans conquérir de nouveaux segments. Linux continuait de progresser sur les serveurs, un domaine invisible dans les statistiques de navigation web qui mesurent l’usage côté client.
Retenir un seul chiffre global pour résumer le marché des systèmes d’exploitation en juin 2019 masque donc l’essentiel : deux écosystèmes distincts, deux leaders incontestés, et un fossé entre la lecture desktop et la lecture mobile que les classements agrégés ne permettent pas de saisir.



