Depuis l’arrêté du 26 juin 2026, la liste des soins qu’un aide-soignant peut réaliser a été formellement détaillée par voie réglementaire. Ce texte ne crée pas une autonomie générale : il organise les actes confiables par l’infirmier dans le cadre de son rôle propre, en distinguant deux groupes de soins selon les professionnels habilités. Pour les aides-soignants diplômés avant 2021, cette évolution implique une actualisation concrète de leurs pratiques.
Deux groupes de soins distincts dans l’arrêté de juin 2026
L’architecture du texte repose sur une distinction rarement détaillée par les organismes de formation : tous les actes confiables ne sont pas ouverts aux mêmes catégories de professionnels. L’arrêté sépare un groupe A et un groupe B, chacun avec ses propres conditions d’exécution et ses professionnels habilités.
Le groupe A inclut notamment le recueil de paramètres observables par des moyens non invasifs et le repérage de troubles du comportement. Le groupe B couvre d’autres activités, dont l’aide à la prise de médicaments non injectables. Cette répartition oblige chaque aide-soignant à vérifier, acte par acte, s’il relève bien de la catégorie habilitée.
La confusion la plus fréquente porte sur les médicaments. La vérification de la prise d’un médicament (groupe A) n’est pas la même chose que l’aide à la prise (groupe B). La première consiste à s’assurer que le patient a bien ingéré le traitement préparé par l’infirmier.
La seconde implique un geste d’accompagnement physique. Cette frontière, qui paraît mince, engage des responsabilités différentes. Un aide-soignant qui confond les deux sort du périmètre autorisé pour sa catégorie, avec les conséquences juridiques que cela suppose.
Comprendre le nouveau décret et référentiel aide-soignant 2026 permet de situer précisément chaque acte dans le bon groupe et d’éviter ces erreurs d’interprétation.

Actes techniques sous protocole infirmier : ce que l’aide-soignant peut réaliser
Le cadre posé par l’arrêté ne donne pas carte blanche. Chaque soin technique reste confié par l’infirmier sous sa responsabilité, dans le cadre de son rôle propre. L’aide-soignant n’initie jamais un acte de sa propre initiative : il exécute un soin après décision et, le cas échéant, protocolisation par l’infirmier.
Parmi les actes désormais formalisés, trois catégories concentrent l’essentiel des changements pratiques :
- Le recueil de paramètres cliniques par des moyens non invasifs (température, pression artérielle, saturation en oxygène), à condition que l’aide-soignant transmette les résultats et signale toute anomalie sans les interpréter lui-même.
- La prévention du risque d’escarres, qui inclut l’observation cutanée, le repositionnement et l’utilisation de supports adaptés selon un protocole écrit.
- Le repérage des troubles du comportement chez la personne âgée ou en situation de handicap, avec obligation de transmission structurée à l’infirmier coordonnateur.
Ces actes existaient souvent dans la pratique quotidienne, de manière informelle. La différence en 2026 : ils sont listés, encadrés, et leur réalisation hors protocole expose l’aide-soignant et l’établissement.
Raisonnement clinique et compétences transversales au niveau Bac
Le référentiel de formation issu de l’arrêté du 10 juin 2021, renforcé par les textes de 2025, a rehaussé le diplôme d’aide-soignant au niveau 4 (équivalent Bac). Ce changement n’est pas cosmétique : il traduit l’intégration du raisonnement clinique dans le socle de compétences attendues.
Le raisonnement clinique, pour un aide-soignant, ne consiste pas à poser un diagnostic. Il s’agit d’observer un ensemble de signes chez la personne soignée, de les mettre en relation avec son état habituel, et de formuler une transmission pertinente. Cette compétence suppose une capacité d’analyse que le référentiel de 2005 ne formalisait pas.
Concrètement, un aide-soignant formé au nouveau référentiel sait distinguer une modification comportementale ponctuelle d’un signe d’alerte nécessitant une intervention rapide. L’observation devient un acte professionnel structuré, pas un simple constat passif transmis oralement en fin de service.
Encadrement des apprenants en stage
Le référentiel inclut désormais la capacité d’accueillir, d’accompagner et d’évaluer un apprenant aide-soignant en stage. Cette mission de tutorat, autrefois réservée aux infirmiers ou aux cadres, fait partie du périmètre attendu. Elle exige des compétences pédagogiques : savoir formuler un retour factuel sur une pratique observée, identifier les axes de progression, et adapter son accompagnement au niveau de l’apprenant.
Actualisation obligatoire pour les aides-soignants diplômés avant 2021
Les aides-soignants formés selon le référentiel d’octobre 2005 ne maîtrisent pas automatiquement les actes et le raisonnement clinique décrits dans les textes actuels. Plusieurs établissements proposent des formations d’actualisation, généralement sur trois jours, qui couvrent les écarts entre l’ancien et le nouveau référentiel.
Ces formations portent sur quatre axes principaux :
- La redéfinition des missions et du périmètre d’intervention de l’aide-soignant selon le référentiel en vigueur.
- Le développement d’une démarche réflexive appliquée aux situations de soins, avec analyse de cas concrets.
- L’identification des situations à risques lors de l’accompagnement de la personne (risques de chute, de fausse route, de dégradation cutanée).
- La pratique des nouveaux actes techniques sous protocole, avec mises en situation.
L’actualisation n’est pas un simple rappel théorique. Elle vise à modifier des réflexes professionnels construits sur un cadre réglementaire qui a changé. Un aide-soignant qui continue d’exercer selon les contours de 2005 s’expose à des écarts de pratique identifiables lors d’un audit ou d’un événement indésirable.

Le passage au niveau 4 et la formalisation des actes confiables redessinent un métier qui repose davantage sur la transmission clinique structurée que sur l’exécution de tâches prescrites. Pour les professionnels en poste, la lecture précise des groupes A et B de l’arrêté reste le premier réflexe à adopter avant toute mise en pratique.



